Marc Minkowski

Marc Minkowski, Directeur Général de l'Opéra National de Bordeaux

Quelle joie de m’adresser à vous, de partager avec vous ma première saison à l’Opéra National de Bordeaux !
Et quelle chance de le faire dans deux lieux uniques : l’un des plus beaux théâtres d’Europe et un Auditorium de l’Opéra National de Bordeaux tout neuf aux qualités acoustiques exceptionnelles.

 

Aussi est-ce par une fête que j’ai souhaité ouvrir ce mandat. Un spectacle que réaliseront ensemble toutes les forces unies de notre maison : l’Orchestre National Bordeaux Aquitaine, le Ballet et le Chœur de l’Opéra National de Bordeaux, leurs directeurs et un jeune chef révélé ici même.
Une invitation au voyage aussi, sur les traces d’une figure universelle : Don Quichotte !

« Là où est la musique, il n’y a pas de place pour le mal »
écrivait Cervantès dans ce qui reste le premier roman moderne.

Bouquet musical donc, en mémoire de l’Hidalgo : du poème symphonique de Strauss à l’opéra de Massenet, en passant par une déambulation au cœur de la ville au son de la guitare. Mais aussi le Quichotte de Manuel de Falla, celui de Ravel...

Après la fête inaugurale, j’ai souhaité que se rencontrent tous les répertoires, du baroque au contemporain, tant les chefs-d’œuvre populaires (Symphonie « du Nouveau Monde », Armide, Coppélia) que les créations (de Blai Soler, Brice Pauset, Jean-Claude Gallotta, Nicolas Le Riche ou Xenia West), tant les rendez-vous attendus que les inattendus (Le Chasseur maudit, Nabulio), en offrant une place de choix à la musique française, notre sève, dont témoigne notamment un vaste cycle Ravel.

Évidemment, rien n’eût été possible sans la complicité de Paul Daniel, Charles Jude et Salvatore Caputo qui veillent avec passion et fidélité — vertus si rarement mêlées ! — sur les 200 artistes permanents de notre maison.

Nous-mêmes fidèles aux ambitions de Thierry Fouquet, nous accueillerons également mon amie de longue date Nathalie Stutzmann ainsi que mon jeune collègue dont le talent rayonne déjà partout dans le monde, Raphaël Pichon, avec son Ensemble Pygmalion, leur résidence se poursuivant sous la forme de trois chefs-d’œuvre : le rare Orfeo de Rossi, premier opéra représenté en France, la Brockes Passion de Telemann ainsi que l’Oratorio de Mendelssohn Elias.

De jeunes chefs (Pierre Dumoussaud, Maxime Pascal) et chanteurs français — pour ne pas dire Bordelais — (Stanislas de Barbeyrac, Aude Extrémo, Florian Sempey, Thomas Dolié) — nous accompagneront, ainsi que de jeunes metteurs en scène à l’image de Vincent Huguet.
Nos oreilles s’ouvriront aussi naturellement à d’autres univers – jazz (Bobby McFerrin), polyphonies corses (A Filetta), pop (The Diary of Nathan Adler de David Bowie)... — non à chacun selon ses goûts, mais liberté à chacun d’élargir et multiplier ses goûts.

Après Cervantès — mort il y a tout juste 400 ans — fêté en musique, c’est par la danse que nous célébrerons l’anniversaire de son contemporain Shakespeare (disparu le même jour !) avec La Tempête, ballet signé Mauricio Wainrot.

Nous n’oublions évidemment pas le jeune public : une programmation spécifique (Pierre et le Loup mais aussi des merveilles moins connues) lui est dédiée.

Ainsi commence notre aventure... qui se développera dans les années à venir avec la même passion. Hâte de la partager avec vous ! Et à très bientôt dans nos salles.

Chaleureusement,

Marc Minkowski