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Concert confiné ONBA / Paul Daniel PROJET CHOSTA-COVID
Concert confiné ONBA / Paul Daniel PROJET CHOSTA-COVID
ONBA

Concert confiné ONBA / Paul Daniel

23/04/2020

Concert confiné ONBA / Paul Daniel

 #CultureChezNous PROJET CHOSTA-COVID

Pour que la musique reste bien présente en cette période de confinement, pour qu’elle vive en dehors des salles fermées, Paul Daniel et les musiciens de l’ONBA se sont lancés dans le pari fou de recréer, avec le plus grand nombre possible de musiciens parmi les 95 requis, la « marche » du premier mouvement de la 7e Symphonie "Leningrad"  de Chostakovitch  qui devait être jouée à l’Auditorium en avril.

Le projet présenté par Paul Daniel

"Mon idée : permettre à l’ONBA de présenter à son public, non pas avec une œuvre musicale générique, mais quelque chose de très personnel. Nous jouons Chostakovitch chaque saison, c'est un compositeur qui nous tient à cœur. Particulièrement sa 7e Symphonie "Leningrad" que nous avions programmée les 17 et 19 avril 2020.

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Photo : Julien Benhamou©

J’ai conçu ce très vaste projet, pour interpréter la « marche » du premier mouvement, avec le plus grand nombre possible de musiciens parmi les 95 requis ! C’est extrêmement ambitieux, mais c’est notre volonté à tous de permettre à notre musique de rester vivante et de dire merci à notre public ainsi qu'à à nos fidèles soutiens.

La musique : c’est une grande ironie, ne l'oublions pas, que cette musique soit un acte suprême de force face au combat. Ce grand thème a été appelé le thème de la « défiance ». Il a été écrit dans un climat de menace d’invasion et de guerre, et il a finalement été exécuté quand Leningrad était soumise à un siège terrible dans lequel ont péri des milliers d'habitants.

Selon Chostakovitch, sa musique, la véritable musique, n’est jamais littérale, jamais enchaînée à une histoire spécifique : il voulait que cette musique soit victorieuse face à toute forme d'oppression ou de menace. « Je n’ai pas composé de musique de guerre, je voulais traduire le contexte des événements tragiques. »
Ce qui est clair pour moi, c’est le défi, la détermination de vaincre après d’immenses difficultés et beaucoup de souffrance.

La mélodie est très intelligente : une partie est délibérément « simplette » — juste une mélodie que tout le monde chanterait dans la rue — c’est une mélodie tirée de La Veuve joyeuse de Lehàr. Il y a aussi une citation de l’opéra Lady Macbeth de Mtsensk du même Chostakovitch, pour laquelle il a été dénoncé. C’est donc populaire et personnel, tout le monde est menacé, le compositeur est menacé, mais ils GAGNERONT.

Pour la réalisation de ce projet :

  • La musique de la symphonie était restée au sein de la Bibliothèque ; nous avons donc dû réaliser toute une série de nouvelles parties, à envoyer aux musiciens, chez eux.
  • Nous avons créé un tutoriel de « piste musicale », avec tempo, percussion, syntonisation, afin que chaque musicien puisse jouer seul dans sa cuisine, ou dans sa salle de bain... et contribuer à l’orchestration finale.
  • Nous devions trouver un moyen d’ajouter quelques percussions, timbales, grosse caisse, qui étaient restées enfermées dans l’Auditorium.
  • Nous avons adressé tous ces éléments à chaque musicien, qui a enregistré sa partie et nous l’a renvoyée.
  • Est ensuite arrivé le moment du grand montage ! Vidéo et son, tous assemblés, vidéo solo par vidéo solo, avec coordination des tempi et équilibrage du son.

C’est un projet immense : de nombreux orchestres ont créé leurs propres splendides vidéos dernièrement, mais je crois que ce projet est le plus vaste de tous car il comprend plus de musiciens que tout autre orchestre. »

Paul Daniel
(Traduction LC, avril 2020)

PROJET CHOSTA-COVID

Chostakovitch

Symphonie n°7 - Marche extraite du 1er mouvement

Musiciens de l'Orchestre National Bordeaux Aquitaine

Direction musicale : Paul Daniel

Musiciens participants :

Violons 1

JP. Morel, A. Diep, S. Rougier, T. Chenevez, Y. Baranek, R. Largillier, F. Debande, A. Nemtanu

Violons 2

T. Liehr, P. Carsalade, B. Rojanski, D. Tran, F. Bancillon, A. Marchand, L. Escande, Y. Soulas

Altos

C. Berry, F. Gastinel, C. Guillot, M. Steinemtz, C. Semayne, L. Jaboulay, R. Ikehata, C. Borgel, G. Gautier, N. Mouret

Violoncelles

F. Perret, A. Descharmes, C. Berlioz, E. Abeijon, G. Tortosa, A. Brauner, J. Bataillon, C. Fages

Contrebasses

E. Brayer, V. Petite, H. Lafon

Flûtes

J. Pulcini, J. Libouban, C. Allié, Z. Milenkovic

Hautbois

E. Cassen, D. Descamps, I. Desbats

Clarinettes

S. Batut, R. Rimbert, F. Vaginay, S. Vasseur, S. Kwiatek

Bassons

D. Baudouin, B. Perret, JP. Maradan

Cors

G. Balestro, V. Haviez, J. Lucas, B. Armignies, B. Doriac

Trompettes

L. Malet, L. Dupere, S. Jean, P. Desole

Trombones

E. Coron, F. Demarle, E. Serves

Tuba

A. Mizunaka

Percussions

S. Borredon

Vidéo :

Montage : Alexis Descharmes et Lionnel Soulard

Chef assistant : Romain Dumas 

Remerciements à

L'administration de la Direction musicale

La Direction des publics

Aller plus loin

Quelques mots à propos de Dmitri Chostakovitch

Né le 12 septembre 1906 (25 septembre 1906 dans le calendrier grégorien) à Saint-Pétersbourg dans l'Empire russe. Mort le 9 août 1975 à Moscou en URSS.

Il est l'auteur d'une œuvre vaste et éclectique comprenant de 15 symphonies, divers concertos, quinze quatuors à cordes et plusieurs opéras, dont Le Nez et Lady Macbeth de Mtsensk. Alternativement accusé par le pouvoir soviétique (notamment de créer une musique formaliste inaccessible au peuple) et paradoxalement souvent décoré par lui, il créé une œuvre d'une riche et d'une immense puissance dramatique qui tantôt se soumet aux directives esthétiques "officielles", tantôt les conteste violemment. Composant à l'époque du Stalinisme et du Nazisme, il exprime fréquemment par sa musique la souffrance des peuples victimes de la guerre et totalitarisme. Grand admirateur de Beethoven, Chostakovitch est — avec Stravinski et Prokofiev — une figure majeure de la musique du XXe siècle.

L'œuvre : Symphonie n°7

La Symphonie n°7 en ut majeur «Leningrad» op. 30 est créée à Kouibychev le 5 mars 1942 sous la direction de Samuel Samosoud.

Dans la série des « symphonies de guerre » cette 7e est incontestablement la plus célèbre. Le compositeur ne lésine pas sur les intentions et les moyens : 4 mouvements, 1h20 de musique grandiose, un orchestre pléthorique (bois par 3 ou 4, importante percussion et un second groupe de cuivres en coulisse). L'œuvre doit sa notoriété rapide et mondiale à l'interprétation qu'en fin le grand chef d'orchestre Arturo Toscanini aux Etats-Unis le 19 juillet 1942, le concert étant retransmis sur la NBC.

La Symphonie n°7 est emblématique de la résistance soviétique face à l'opposant nazi, mais Chostakovitch lui-même dans ses Mémoires dit que sa Symphonie Leningrad est plus un hommage à sa ville natale lors de la folle utopie des années 20, progressivement détruite par Staline et anéantie par Hitler.

Le premier mouvement qui relate l'invasion et la destruction est sans nul doute le plus fameux de la partition, avec son thème dérisoire emprunté à La Veuve joyeuse de Franz Lehàr (Bartók sur son lit de mort l'utilisa aussi dans son Concerto pour orchestre), repris inlassablement dans un crescendo orchestral implacable : c'est ce thème qui est interprété par les musiciens de l'ONBA dans le projet Chosta-Covid.

Direction musicale
Paul Daniel
Orchestre
Orchestre National Bordeaux Aquitaine