Francesco
Tristano

Piano Invité

En savoir plus

Qu’un jeune musicien et compositeur s’exprime à la fois dans les salles de concert classiques et sur la scène des clubs est sans doute un événement inédit à l’échelle internationale. Il faut reconnaître qu’il est bien difficile de cataloguer un musicien qui fait fi des critères courants, conjuguant musique classique et techno. Chaque fois que son trio Aufgang (Ascension) et lui jouent de la techno avec partition dans un club, le public est pour le moins troublé dans un
premier temps. De même, les gens qui fréquentent les concerts et apprécient la musique classique depuis des années risquent d’être un peu désorientés en voyant un pianiste laisser — comme un DJ — une de ses compositions se fondre sans transition dans une pièce de Frescobaldi.

Francesco Tristano, 30 ans, associe les périodes et les styles avec audace. Pourtant, ce natif du Luxembourg ne cherche pas forcément la provocation ; simplement, tout ce qu’il fait exprime une souplesse d’esprit qui n’admet ni limites ni restrictions. Tristano connaît, bien sûr, les conventions d’interprétation façonnées par des générations de pianistes classiques, mais il les ignore purement et simplement. L’image qu’il se fait de lui-même en tant qu’artiste ne réclame aucune légitimation. S’il lui arrivait, par exemple, de jouer une musique baroque parfois pesante avec le dynamisme qui lui est propre, on pourrait le trouver radical. Mais pour lui, le radicalisme n’est pas un moyen d’arriver à ses fins.

Son jeu virtuose et ses interprétations sont audacieuses et à cent lieues de toute convention. Mais sa connaissance du répertoire dans les domaines de la musique baroque, classique et contemporaine aussi bien qu’en jazz et en musique électronique découle de son expérience et de son talent. Les compositions de Tristano sont toujours profondément réfléchies et témoignent d’une approche musicale pleine de respect, bien que, dans l’esprit de ce pianiste,
les limites stylistiques n’existent pas.

Francesco Tristano découvre sa passion pour le piano à cinq ans. À treize ans, il donne son
premier concert en jouant ses propres oeuvres. Il fait plus tard des tournées en soliste ainsi
qu’avec des orchestres de renom comme l’Orchestre National russe, l’Orchestre National de
Lille ou l’Orchestre Philharmonique du Luxembourg.

Tristano fonde un orchestre de chambre baptisé The New Bach Players avec lequel il se lance
également dans la direction d’orchestre. Jouant sur un piano de concert Steinway et avec des
archets anciens sans vibrato sur instruments à cordes modernes, il rompt délibérément, dès
cette période, avec les usages traditionnels de l’interprétation.

À la Juilliard School de New York, Tristano est l’un des derniers étudiants à suivre la master classe Bach de la légendaire Rosalyn Tureck. Il étudie aux conservatoires de Bruxelles, de Paris et du Luxembourg ainsi qu’au conservatoire de Catalogne.

En 2004, il remporte le célèbre Concours international de piano d’Orléans (musique contemporaine). Tristano a publié onze albums, dont des enregistrements des Variations Goldberg de Bach et l’Intégrale des oeuvres pour piano de Luciano Berio, très appréciés de la critique et qui lui ont valu de nombreuses distinctions.

L’album Not for Piano a été publié en 2007. Il y présente ses propres compositions et versions de classiques techno pour le piano, empruntant des éléments stylistiques à la musique classique et puriste. Tristano collabore actuellement, entre autres, avec Carl Craig, un des protagonistes de la scène techno de Detroit de la deuxième génération avec lequel il s’est produit, accompagné du machiniste Moritz Von Oswald, en avril 2011 lors d’un concert événement à la Gaîté Lyrique, baptisé « Versus 2.0 » et conçu spécialement pour la salle parisienne, sur fond d’images du collectif Scale. Son dernier disque bachCage, maxi single, associe sa musique et celle de Bach, remixée par Moritz von Oswald & Lawrence chez Deutsche Grammophon.

Mise à jour le : 29/06/2016

Prochaine performance


Dernière performance