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Actualités

Ouverture du Grand-théâtre chaque premier dimanche du mois !

05/11/2025

🏛️ Chaque premier dimanche du mois, le Grand-Théâtre de Bordeaux ouvre gratuitement ses portes et invite le public à découvrir l’un des joyaux du patrimoine bordelais. De 14h à 18h, promenez-vous librement dans les espaces emblématiques du lieu : le grand escalier, la salle de spectacle, les foyers… et laissez-vous surprendre par quelques animations dédiées aux métiers du spectacle vivant.

Une occasion rare d’admirer de près le plafond peint par William Bouguereau, Apollon et les muses, et de profiter d’une atmosphère paisible, loin de l’effervescence des soirs de représentation.

Un rendez-vous privilégié pour prendre le temps, flâner, et redécouvrir la beauté du Grand-Théâtre autrement.

Attention : le Grand-Théâtre n’ouvre pas le premier dimanche du mois lorsqu’un spectacle ou un évènement est programmé l’après-midi.
 

Le Grand-Théâtre 🎭

PĂ©riode de construction : 1773-1780
Architecte : Victor Louis (1731-1800)
Inauguration : le 7 avril 1780
Matières principales : calcaire Ă  astĂ©ries (Ă©difice) et bois (salle). ClassĂ© Monument historique (1899).
Style : ouvrage néo-classique, dédicacé à Apollon et à ses muses


Un chef d’œuvre architectural 

C’est le 7 avril 1780, qu’est inaugurĂ© le Grand-Théâtre, chef-d’œuvre de l’architecte Victor Louis. 
Une foule immense se bouscule alors devant les portes du nouveau bâtiment. Certes, on vient assister Ă  Athalie de Racine et au Jugement d’Apollon de Blincourt mais on vient surtout admirer la construction. Près de sept annĂ©es se sont Ă©coulĂ©es depuis le commencement des travaux commandĂ©s par le Gouverneur de Guyenne, Louis Armand du Plessis, duc de Richelieu. Et le rĂ©sultat est au rendez-vous. LĂ , sous les yeux du public, se dresse un vĂ©ritable « temple des arts Â» d’inspiration nĂ©o-classique. Ă€ la valeur esthĂ©tique de l’ouvrage s’ajoute l’acoustique exceptionnelle de la salle de spectacle due Ă  la carcasse de bois qui l’enveloppe.

Plus qu’une salle de spectacles, Victor Louis a conçu avec le Grand-Théâtre un vĂ©ritable « complexe Â» de loisirs et de divertissement, particulièrement moderne et novateur pour l’époque. Il conjugue les lieux de reprĂ©sentations (une salle principale et une salle de concerts) et ses contraintes techniques et scĂ©niques (rĂ©pĂ©titions, machineries...), mais aussi des lieux de vie (foyers, boutiques et cafĂ©s...). 

Ce prodigieux monument, de pierre et de bois, a traversé les époques et est toujours en intense activité.

A noter aussi : 

- Les travaux ont été commandés par le Gouverneur de Guyenne, Louis Armand du Plessis, duc de Richelieu.
- On joue Athalie de Racine et Le Jugement d’Apollon de Blincourt lors de l’inauguration. 
- Le calcaire provient des carrières de Bourg, Roque de Tau (fondations), région de Saint-Macaire (murs et colonnes), vallée de la Dordogne (parements) et Taillebourg (Charente-Maritime), Saint-André-de-Cubzac, Cenon et Bourg (ornements).
 

1. La façade🏛️

Le Grand-Théâtre prĂ©sente en vue frontale un portique de 12 colonnes corinthiennes au-dessus desquelles sont alignĂ©es 12 statues : 9 muses et 3 dĂ©esses de la mythologie antique. De part et d’autre du portique, deux galeries ceinturent l’édifice. A la fin du XVIIIe siècle, aucun escalier extĂ©rieur ne prĂ©cĂ©dait l’entrĂ©e car le niveau de la place de la ComĂ©die Ă©tait plus Ă©levĂ© qu’aujourd’hui. Les marches rĂ©sultent d’importants travaux d’abaissement de la place (1848). Derrière la monumentalitĂ© de la façade, le discret dĂ©cor des voĂ»tes plates. Chaque caisson est ornĂ© de motifs de soleil et de lyre, symboles d’Apollon.

2. Le vestibule et le grand escalier 

Le vestibule est ornĂ© de 16 colonnes doriques soutenant une voĂ»te plate Ă  caissons et rosaces. Le grand escalier Ă  rampes basses se divise en deux volĂ©es latĂ©rales. Outre l’accès Ă  la salle, l’escalier permet de se montrer. (Voir et ĂŞtre vu !). Cet aspect est renforcĂ© par l’éclairage naturel. Un peu moins d’un siècle plus tard, cet escalier inspirera Charles Garnier pour le dessin de celui de l’OpĂ©ra de Paris rĂ©pondant Ă  la mĂŞme fonction de « reprĂ©sentation » de l’aristocratie. La porte d’apparat menant Ă  la salle est entourĂ©e de deux cariatides sculptĂ©es par Berruer : Thalie et Melpomène, muses de la comĂ©die et de la tragĂ©die. 



3. Le salon GĂ©rard Boireau 

En 1780, le Grand-Théâtre abrite — en plus de la grande salle de spectacle d’une capacité de 1700 places — une salle de concert de forme ovale accueillant 750 auditeurs, avec scène, balcons et tribune pour les musiciens. Menaçant la voûte du vestibule, fragilisée par des infiltrations d’eau, elle est remplacée par un foyer rectangulaire (1833). L’aspect actuel résulte de la vaste campagne de restauration (1854-1869) menée par Charles Burguet : le plafond est élevé, la salle élargie, les angles sont arrondis pour augmenter la qualité acoustique. Bien que nourri de classicisme, le décor, avec ses courbes, ses teintes et ses ors témoigne du style « Second Empire ». Les 18 écoinçons et 14 médaillons ont été peints par William Bouguereau qui signe également la peinture du plafond évoquant Apollon et les muses. Baptisé « salon Gérard Boireau » (ancien directeur du Grand-Théâtre), cet espace, a bénéficié d’une campagne de restauration (2007-2009) et accueille régulièrement des spectacles.

4. Le Foyer gris et le foyer rouge

De part et d’autre du Salon Boireau, le Foyer d’hiver (ou Foyer rouge car cĂ´tĂ© Cours du Chapeau rouge) et le Foyer gris (ou Foyer d’étĂ© car sans cheminĂ©e), datent Ă©galement de la rĂ©novation menĂ©e par Charles Burguet.

5. La terrasse des Muses

Vous voici arrivĂ©s Ă  la spectaculaire terrasse des muses avec sa vue Ă©poustouflante sur la Place de la ComĂ©die et ses alentours. La place, souhaitĂ©e dès l’origine par Victor Louis, entoure non seulement son chef-d’œuvre de larges avenues mais aussi de beaux immeubles qu’il signera lui-mĂŞme ou non (Immeuble Gobineau en proue de Navire, l’Ilot Louis, façade du Grand HĂ´tel de Bordeaux). Le quartier imaginĂ© par Louis, poursuivit par de nombreux architectes devient l’un des Ă©lĂ©ments structurants de la ville. 

Les 12 statues voulues par Victor Louis ont Ă©tĂ© sculptĂ©es par Berruer : 9 muses et 3 dĂ©esses de la mythologie antique. De gauche Ă  droite : Clio (Muse de l’histoire), Erato (Muse de la poĂ©sie lyrique), Minerve (DĂ©esse de la guerre), Junon (DĂ©esse de la fĂ©conditĂ©), Polymnie (Muse de la rhĂ©torique), Thalie (Muse de la comĂ©die), Melpomène (Muse de la tragĂ©die), Terpsichore (Muse de la danse), Calliope (Muse de la poĂ©sie Ă©pique et de l’éloquence), VĂ©nus (DĂ©esse de l’amour), Uranie (Muse de l’astronomie), Euterpe (Muse de la musique). Amusez-vous Ă  retrouver leurs attributs !

 6. La salle de spectacle

HabillĂ©e de bleu, de blanc et d’or — couleurs de la royautĂ© — la salle de spectacle pouvait accueillir Ă  la fin du XVIIIe siècle 1700 spectateurs, capacitĂ© sensiblement supĂ©rieure aux possibilitĂ©s actuelles (1114 places). Un plancher fixĂ© Ă  la première galerie descendait jusqu’au sol de la salle actuelle, fosse d’orchestre comprise. Il accueillait des spectateurs assistant aux reprĂ©sentations debout. L’installation de fauteuils dans cet espace au dĂ©but du XIXe siècle rĂ©duisit considĂ©rablement la capacitĂ© de la salle. Afin de combler ce dĂ©ficit aux consĂ©quences financières notables, il fut dĂ©cidĂ© de creuser les fonds de loges de face dans le but d’installer des sièges supplĂ©mentaires entraĂ®nant la modification des couloirs de desserte des loges qui abandonnèrent leur forme circulaire originelle pour une silhouette en « s Â»

L’éclairage de la salle

Souhaitant un bâtiment moderne et donc confortable, Victor Louis avait imaginé un éclairage épargnant aux spectateurs du parterre les désagréments liés à la cire coulant des lustres, fréquents dans les salles de spectacles à cette époque. Pour Bordeaux, l’architecte installe des centaines de bougies sur la corniche de la coupole et des girandoles sur les colonnes cannelées entre les corbeilles. La légère circulation d’air faisait trembler les flammes et scintiller les ors. Les bougies furent remplacées successivement par les lampes à huile de poisson, puis par l’éclairage au gaz avant que l’électricité ne s’impose. Le lustre actuel, en cristaux de Bohème, a été installé en 1917 (poids de 1,2 tonnes, 400 lampes).

La coupole 
la peinture de la coupole avait Ă©tĂ© confiĂ©e Ă  Jean-BaptisteRobin Ă  la fin du XVIIIe siècle sur le thème « Apollon et les muses agrĂ©ent la dĂ©dicace d’un temple Ă©levĂ© par la ville de 
Bordeaux  Â».
Il s’agit d’un triple hommage, allĂ©gorique et rĂ©aliste, aux arts, aux artisans ayant bâti lethéâtre et Ă  la ville deBordeaux (les scènes du port tĂ©moignent de l’activitĂ© de la ville et de sa richesse). L’éclairage originel de la salle provoquant la dĂ©tĂ©rioration de la peinture (les fumĂ©es avaient noirci l’œuvre) divers peintres se succĂ©dèrent pour offrir le fruit de leur inspiration Ă  la coupole. En 1917, Maurice Roganeau exĂ©cute une fidèle reproduction de la peinture originale que nous pouvons admirer aujourd’hui. 

A noter aussi : les dimensions de la scène aujourd’hui : largeur : 24 m, profondeur : 20 m, hauteur : 22 m, superficie :480 m2, hauteur du cadre de scène : entre 7,5 et 9 m, largueur du cadre de scène : entre 9 et 11,7 m.
 

Textes partiellement extraits de l’ouvrageLe Grand-Théâtre de Bordeaux, Laurent Croizier/Luc Bourrousse paru aux Éditions Le Festin, mars 2018. Le guide est en vente à la Boutique de l’Opéra et dans les librairies.